SUIVRE LE FIL : Rencontre avec Senseï Marie-Lou Crête

Il y a de ces personnes rassembleuses capables de canaliser une énergie inépuisable et d’influencer leur entourage positivement juste en étant… elles-mêmes.

Il y a de ces gens qu’une pandémie n’arrêtent pas. Au contraire, ils finissent par y trouver un sens, un moteur, un prétexte pour tisser des liens entre ceux et celles qui les entourent. 

Senseï Marie-Lou est l’une de ces humaines-là. Elle est un filon important de ce lien qui unit les karatékas de son école et qui va bien au-delà de la pratique de leur sport, de leur art martial. 

Senseï Marie-Lou

Même à travers l’écran, cet afflux d’énergie se rend juste que dans l’entourage des karatékas, jusqu’à passer directement dans le cœur de gens.

Impliquée dans sa communauté, se définissant comme une artiste martiale avec plus de 30 ans de pratique sous sa ceinture noire polie par le temps, le karaté et la vie sont indissociables pour elle. Senseï incarne le karaté, tout simplement. Elle croit fermement au développement de l’individu qui se met au service de la collectivité. 

Quoi de mieux qu’une pandémie mondiale, long chapelet d’embûches et de défis à surmonter, pour tester le tout ?

À commencer par le programme pédagogique, puisque les enseignements ont été virtuels les derniers 15 mois, malgré un bref retour en présence à l’automne dernier. Repenser les cours pour les dispenser en ligne, apprivoiser la plateforme virtuelle, se l’approprier avec ses nombreuses mises à jour, est devenu crucial.

Décomposer les mouvements en miroir, à l’endroit et à l’envers, adapter certaines pratiques normalement en duo pour que les karatékas puissent poursuivre leurs apprentissages, s’est avéré essentiel.  Dans le karaté goju-ryu d’Okinawa, chaque détail a sa raison d’être.  « Tout est analysé, décomposé, étudié en profondeur dans un but avoué de chercher à atteindre l’efficacité maximale ». 

C’est ici que tisser, défaire, reprendre et ne pas perdre le fil prend tout son sens.

Une tâche colossale, qui relève du 1 pour 1, car chaque cours donné nécessite un temps égal de préparation pour elle.

Mais, Senseï a saisi l’occasion et a rapidement mesuré les avantages de l’exercice. D’abord, cela lui a permis de bonifier un catalogue déjà très étoffé de katas et autres notions martiales avec supports visuels, elle qui avait déjà commencé sa réflexion sur ce qu’elle veut léguer à son école pour assurer sa pérennité. Puis, les karatékas — petits comme grands — ont su développer une meilleure compréhension de leurs mouvements et leur concentration. L’apprentissage est donc plus complexe, mais aussi plus riche.

Les cours sont vite devenus des petits rendez-vous réconfortants et plusieurs s’entendent pour dire que c’était leur moment favori, malgré l’intensité de la matière.

L’École compte quelque 300 karatékas, réparti.e.s sur 6 niveaux. Tous les aspects techniques, comme la gestion des présences, l’assistance des Sempaïs, les passages de ceintures et le reste ont dû être repensés et adaptés. La remise des ceintures de l’an 2020 s’est même faite en mode service à l’auto. Fallait y penser : se faire remettre sa précieuse ceinture, avec un mot senti pour chacun.e, sur rendez-vous, en plein mois de janvier.  Un moment mémorable! 

Sise à Blainville, l’École, à laquelle Senseï Marie-Lou se consacre à temps plein, a maintenant 16 ans.   C’est aussi un groupe tissé serré très présent sur les réseaux sociaux, qui s’entraide à tout moment. Pratiques improvisées, conseils et discussions d’entraide font partie de leur pratique, dans tout ce qu’incarne le karaté dans la vie quotidienne.

Et si le fait de ne pas voir leurs pairs en action et l’énergie du cœur leur a parfois manqué, ils et elles se sont épaulés de belle façon, dans un filet de bienveillance. Telle est la philosophie des ninjas blancs qu’elle diffuse à ses troupes : devant l’adversité, on se retrousse les manches et on travaille encore plus fort.

Il y a eu, dès le printemps 2020, plusieurs belles initiatives pour la collectivité. Un projet de distribution de mobiles de grues en origamis en CHSLD, en guise de symbole d’espoir, la rédaction de cartes pour des personnes âgées et autres gestes ponctuels bienveillants font partie des activités autour de l’École.   

La troupe martiale, qui compte une trentaine de membres, présente chaque année une création qui fusionne les arts martiaux et numériques, le théâtre et la musique, portée par des karatékas de tous âges, avec l’ensemble des karatékas de l’École. Cette année, l’œuvre, qui a été « créée dans un formidable esprit de persévérance globale et de solidarité citoyenne (…) suscitera une réflexion sur le sens de l’épreuve collective que nous traversons en ce moment et sur le monde d’après pandémie que nous construisons ensemble quotidiennement », selon ce qu’on peut lire sur le site de l’EM.

Le projet de l’an dernier qui n’a pu être présenté a été repris et remanié. Cependant, le souhait de faire une présentation en salle s’est transformé complètement avec l’ambition d’en faire une œuvre cinématographique, rien de moins ! Le texte a été revu, la mise en scène repensée et tout un découpage technique idéologique s’en sont suivis, avec l’équipe de La Boite Noire Productions qui allait capter les images. 

Il n’en fallait pas plus pour qu’un comité soit mis sur pied, avec une campagne de sociofinancement, que la pratique et le tournage des scènes — dans le respect des mesures en place — se déploient, toujours en poursuivant l’accompagnement des karatékas vers leur passage de ceinture.

Un travail titanesque, surtout pour une première expérience remplie d’impondérables pas toujours évidents à régler.

Un grand défi aussi pour les membres de la troupe, qui se sont retrouvés devant la caméra alors qu’ils et elles auraient normalement partagé la scène avec les autres karatékas de façon un peu plus anonyme qu’en gros plan ! Une mémorable expérience de tournage pour toute la bande.

Sensei Marie-Lou a décidément une énergie pratiquement intarissable, qui lui vient, dira-t-elle, de l’enthousiasme et l’implication des gens qui l’entourent. Les karatékas sont des ninjas absolus de l’organisation et de la recherche de solutions, avec un réseau incroyable !

Le fait de présenter l’œuvre martiale virtuellement a de nombreux avantages, puisqu’elle pourra voyager. L’École ayant des liens avec la France, la Belgique et la Lituanie notamment, elle pourrait aussi être traduite en anglais et passer plusieurs frontières.

Fidèle à son habitude, l’École martiale versera une portion des sommes recueillies à un organisme de charité choisi, Karuna Sechen, qui permettra la formation de 17 enseignants de maternelle du Népal à l’éducation bienveillante, l’approche coopérative et l’écoute active.

Pour Senseï, « plus l’adversité se prolonge, plus on agit en véritable guerrier ».   Et s’il y a toujours place au changement, elle aspire à ce que l’attitude de réjouissance devant l’adversité nous fasse grandir. Il y a fort à parier que, pour plusieurs des gens qui l’entourent, elle représente un peu le fil que l’on doit suivre pour vivre dans un monde meilleur, une action à la fois. 

Pour accéder au lien pour visionner l’œuvre martiale cinématographique, disponible à compter du 27 juin,  joignez l’invitation Facebook suivante en cliquant sur Participe : https://www.facebook.com/events/188442999290882

Vous pourrez éventuellement procéder à l’achat d’un billet virtuel pour visionner le tout.

Pour être commanditaire et participer à l’œuvre en sociofinancement : https://bit.ly/2SODgIy

Les (nombreux) autres projets de cœur autour de Sensei Marie-Lou et de l’École martiale :

Le camp de jour, les cours d’été, le projet Épanouis-toi et les cours en parascolaire qu’on peut trouver sur leur site web très riche, avec une bibliothèque, des références, un lexique et des vidéos.

La période d’inscription ouvrira au début de septembre.

L’École de l’être

Organisme qui encourage une solidarité communautaire en proposant des activités de rassemblement intergénérationnel et multidisciplinaire (karaté-do traditionnel, journal créatif, yoga, bistrot santé éducatif, philosophie, psychologie), de connaissance de soi et du monde, de mieux-être global, d’éducation à la vie, de recherche de sens et de ressourcement quotidien.

La Maison de la persévérance 

3 organismes des Laurentides voués à la persévérance scolaire et à l’économie sociale, dont le Centre Oméga, l’Association Panda et L’École de l’être.

Persévérons ensemble

Organisme qui favorise, valorise et fait la promotion de la persévérance et de la réussite personnelle, scolaire et sociale des jeunes

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