Dans l’oeil de l’ouragan

Cela fait deux ans que je collabore à ce blogue. J’y ai partagé mes découvertes et mes activités préférées dans ma banlieue du nord de Montréal. Tout ceci était teinté de ma réalité de jeune maman et d’enseignante au secondaire.

J’adore écrire et je l’ai toujours fait, depuis mes années au primaire. Mais depuis quelques semaines, je suis en panne d’inspiration… Les seuls sujets sur lesquels j’ai envie de mettre des mots sont d’ordre plus personnel, ce que je n’ai pas l’habitude de partager. Par pudeur, par crainte d’exposer des détails sur le web et aussi parce que je ne m’ouvre pas facilement.

Pour commencer, la pandémie fait que mes activités sont très limitées, comme à peu près tout le monde. On va jouer dehors et on s’occupe en dedans. J’aimerais faire plus de sorties avec le déconfinement partiel, mais le poids du quotidien m’accapare assez.

Ensuite, la réalité dans les écoles est tellement intense ces derniers mois que j’ai à peine d’énergie pour exercer mon travail avec toute ma passion. À l’instar de mes collègues à travers le Québec, ma liste de revendications est longue, mais je préfère me concentrer sur mes élèves et sur ce que je peux leur apporter d’ici juin. C’est suffisant pour moi. En plus, j’ai la chance d’adorer ce que je fais et d’évoluer dans un milieu où je me sens bien et où la collaboration est de mise, ce qui est un grand privilège.

Par ailleurs, le plus gros poids qui pèse sur mes épaules est la façon insidieuse dont la maladie mentale s’est invitée chez nous. En septembre dernier, c’est moi qui ai dû me prendre en main pour affronter un trop-plein d’anxiété qui s’était accumulé depuis quelque temps. J’y ai fait face avec les bons outils et j’ai surmonté un trouble de l’adaptation. L’anxiété s’invite dans mon quotidien de temps à autres, mais je la gère de mieux en mieux.

Puis, en novembre dernier, j’ai été confrontée au plus gros défi au sein de mon couple: le diagnostic de bipolarité de mon conjoint. Une première phase de manie a agi comme un véritable ouragan qui a touché toutes les sphères de notre vie familiale. Trois mois plus tard, on a déjà passé à travers tellement d’étapes, tellement d’adaptations que ça me donne le vertige. Je n’entrerai pas dans les détails, mais sachez que c’est facile de sous-estimer le bouleversement du quotidien à la suite d’un épisode psychotique. Rien ne doit être tenu pour acquis. J’aimerais me projeter dans l’avenir, mais c’est impossible en ce moment. C’est ce que je trouve le plus difficile.

Au final, je sens que tellement de gens dépendent de moi: mon fils, mon mari, mes élèves, mes proches qui ressentent de l’isolement…

Et moi, je dépends de qui, de quoi?

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