Maman est épuisée

Ça fait quelques jours que ce texte me trotte dans la tête mais la fatigue des dernières semaines rend son écriture difficile.

Je suis brûlée et ça m’a pris tout ce temps pour m’en rendre compte.

J’ai longtemps joué à la Superwoman, celle qui menait 12 projets en même temps tout en s’assurant que ses enfants mangeait leurs fruits et légumes, ne passaient pas trop d’heures devant un écran mais derrière cet air de maman active se cache également une femme épuisée de jouer à la cheerleader depuis mars.

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Aujourd’hui, l’énergie se fait rare et j’ai peine à terminer mes journées de travail, ce même travail qui m’a été imposé dû à la pandémie. Eh oui, comme plusieurs, la vie m’a obligée à me réinventer dans les derniers mois et non pas par manque de boulot mais plutôt en raison de mes problèmes de santé qui m’empêchent d’exercer mon métier dans sa forme habituelle. En fait, je n’ai pas mis les pieds à mon travail depuis le 13 mars dernier. Je suis à la maison, plus de routine, plus de repères, plus de plaisir. L’adrénaline du début à fait place à l’anxiété et à l’ennui. Ça été dur de le nommer. Nous étions tellement en mode pain maison, arcs-en-ciel et yoga que j’étais gênée d’admettre que ça n’allait pas bien.

Dans mes conversations privées entre mamans, le discours est le même soit celui de l’épuisement et de l’impuissance. La charge mentale présente avant la pandémie n’est pas disparue, au contraire. J’avais jadis le luxe de pouvoir demander de l’aider, de faire garder mes enfants chez mes parents quand le presto était sur le bord de sauter, de pouvoir sortir de chez nous prendre une marche quand tout le monde était couché parce que c’était pas mal le seul moment où je pouvais me retrouver. On dit que ça prend un village pour élever nos enfants mais maintenant que nous sommes tous confinés depuis des mois, qu’adviendra-t-il de leur développement?

Je suis exténuée de m’en faire, d’être stressée de les envoyer à l’école et à la garderie, de peur qu’ils côtoient de la relève insouciante alors que je me sens complètement incapable de les garder ici à la maison. J’ai vu grand, j’ai tenté de concilier télétravail, école à la maison et préparation à la maternelle tout en cuisinant 3 repas par jour sans oublier les multiples collations, les pipis du chien, le ménage, le lavage, les millions de courriels de l’école et je n’y suis étonnamment pas arrivée. J’ai plutôt terminer chacune de mes soirées en larmes dans mon bain me sentant complètement incompétente dans mon rôle de mère.

Nos enfants n’ont plus de vie sociale hormis celle qu’ils entretiennent avec les amis de leur bulle-classe. Au début, nous faisions des Facetime avec les cousins et les amies mais je ne peux leur en vouloir d’être écœurés de jaser via l’écran du téléphone puisque nous avons nous-mêmes fait le deuil des 5@7 virtuels. On est comme rendus ailleurs. Cela fera un an bientôt que je me suis ajouté un chapeau de plus soit celui de la GO de la famille. Je fais tout pour qu’ils ne s’emmerdent pas, qu’ils n’accusent pas de retard, qu’ils passent du temps dehors pour pallier à leur vie qui a été complètement bouleversée. On s’est équipés en jeux de société, on a sorti la peinture, on a épluché Pinterest et mes enfants ne veulent qu’écouter la télé et attendre que le temps passe. Leurs cernes me disent qu’ils n’en peuvent plus de cette pandémie et je ne peux que partager cette détresse.

Entre les annonces de grossesse et de fiançailles du temps des fêtes, je me suis surprise à envier ces bonnes nouvelles. Suis-je la seule qui se sent complètement dépassée par les événements? En jasant avec une amie, je me suis rendue compte qu’il est bien difficile de pouvoir juste ventiler sans que l’interlocuteur nous bombarde de trucs, de conseils ou de mantras. Comme si ça nous rendait tellement inconfortable qu’on se met tout de suite en mode solution. Je connais la cause de ce mal-être et j’ai besoin d’un espace où je peux juste sacrer et pleurer sans me faire dire de regarder le bon côté des choses même si je le sais qu’il y en a. J’ai vu passer une vidéo d’un gars qui avait demandé d’emprunter une scène juste pour crier et mon doux que ça m’a fait du bien à regarder. Ce besoin de sortir le méchant, de vomir toute la merde cumulée depuis des mois étouffée sous les  » Ça va bien aller ».

J’ai tellement voulu compenser pour tous les manques, toutes les peines et les changements des derniers mois que je me suis épuisée. On va se le dire mais 9 mois sans voir son monde, sans faire de câlins à sa maman, dans l’attente de nouvelles statistiques, c’est extrêmement drainant et je pense que c’est valide qu’on se sente un peu (pas mal) dépassées.

Quelques articles intéressants:

https://jezebel.com/the-year-everything-collapsed-on-moms-1845937124

https://www.lapresse.ca/societe/famille/2020-07-22/la-charge-mentale-au-temps-du-confinement.php

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