Salut ti-cul on se r’verra (on l’espère) au mois de janvier

À quelques heures d’un deuxième confinement, je suis assise dans mon divan, à ma place habituelle creusée par mes founes et j’ai la gorge nouée.

À chaque année, la dernière semaine d’école avant les vacances des fêtes est à la fois épuisante et remplie de fébrilité; le vendredi en pyjama, la bouteille de mousseux à la fin de la journée, les enfants qui ne se peuvent plus et les enseignantes cernées jusqu’au nombril. Les fêtes arrivent certes mais à part les cernes et la journée pyjama, y’a pas la magie des mois de décembre précédents. Les enfants iront pour une dernière fois à l’école en 2020 ce mercredi et devront se connecter pour quelques heures de cacophonie avec leur groupe et le personnel qui tentera de gérer le chaos des cours en ligne.

23 décembre « joyeux Noël, monsieur Côté »

« Salut ti-cul, on se r’verra le sept janvier »

beau dommage

I wish qu’on se r’verra le 7 janvier parce que pour l’instant, je ne peux que douter… Le Québec en entier est le qui-vive aujourd’hui en attente des prochaines mesures qui seront annoncées mardi par le premier ministre François Legault. Il nous a donné un petit indice ce matin à l’émission de Paul Arcand en nous mentionnant que le modèle de notre province ressemblerait pas mal à celui de l’Allemagne. Ainsi, la rumeur veut que nous soyons replongés dans une seconde vague de fermetures temporaires de tout ce qui est jugé non essentiel. Rien n’est encore officiel mais disons qu’après près de 10 mois loin des nôtres, on commence à connaître les patterns. On nous dit que le tout devrait se résorber autour du 11 janvier mais si la tendance se maintien et qu’on se fie au défi 28 jours d’octobre dernier, nous sommes bien loin d’être sortis du bois les cocos.

La détresse ambiante

Je fais partie de plusieurs group chat et communautés de parents sur les réseaux sociaux et ça m’a pété dans la face solide ce matin à quel point nous sommes épuisés. Ce weekend, j’ai eu peine à me sortir du lit et à me nourrir. Je n’ai pratiquement rien avalé, j’étais verte et moche telle une larve à demi « effouerrée ». J’ai fait une story témoignant de mon état et je fus instantanément envahie de messages de personnes me confiant être également mentalement et physiquement épuisées. Tout ceci ajouté aux échanges entre mamans depuis ce matin anticipant la fermeture des écoles, le télétravail, l’absence de vie sociale, la culpabilité et le retour des écrans. La conciliation travail-famille est difficile en temps « normal » alors il est évident que cette même tâche devient quasi impossible alors que tout ce beau monde respire 24/24 sous le même toit. Les arcs-en-ciel sont long gone, les moules à pain prennent la poussière et le désespoir est palpable. Comment allons-nous faire pour se sortir de cette année sans trop de séquelles en considérant les mois voire années d’attente pour un quelconque soutien psychologique. J’en fais des boutons rien qu’à y penser. Pendant qu’on est tous en train de ronger les murs de notre maison, certains refusent le vaccin parce qu’ils préfèrent attendre de voir si Gisèle va tenir le coup. J’me trouve un peu naïve d’avoir cru que ça finirait par bien aller.

J’ai sur le cœur un jour de l’An où mes parents

Pensant bien faire, m’avaient habillé en communiant

Chez ma grand-mère, c’était mon père-ère

Qui s’déguisait en Père Noël pour faire accroire

Que les cadeaux, ça v’nait pas tout’ de Dupuis Frères

beau dommage

Au début on se tenait serrés et maintenant certains d’entre nous sont plus isolés que jamais. Les Zoom nous sortent par les oreilles et les heures devant les écrans me donnent le goût de m’arracher les yeux des orbites. Pas de signe d’une belle grosse tempête de neige à l’horizon question d’envoyer tout ce beau monde sortir dehors pour un remake de la Guerre des Tuques avec la fin en moins. J’écoute des films de Noël pis je braille à voir les familles autour d’une belle grosse dinde et ce, même si ça fait 4 ans que je suis végé. J’ai assisté à deux shows d’humour virtuels, un party de Noël en ligne, on va déballer nos cadeaux en Meet et Facetimer les matantes. Rien ne va plus. On est dus pour des câlins, des accolades mais pour ça va falloir piler sur ce qui nous atterre déjà. Faut se tenir, donner un p’tit coup de plus -je le sais, encore plus- pour se retrouver en santé pis se coller pour encore bin des années. Un dernier coup pour que nos p’tits puissent retourner à l’école en janvier.

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