C’est la rentrée, mon grand !

Ça y est. C’est le silence complet dans la maison. C’était aujourd’hui le premier jour d’école, la vraie de vraie rentrée tant espérée et attendue.  Plus tant habituée à ton absence, je ressens le besoin de m’adresser à toi pour raconter ce chapitre qui commence.

Après les dernières fois, on passe aux premières.

J’ai pris le temps de bien lire les (très) nombreux documents qu’on a reçus. J’ai tout imprimé en ayant peur de manquer une information capitale dans le petit écran de mon cellulaire, j’ai scruté le site web de l’école, la page Facebook et j’ai à peu près tout lu.

On s’est déplacés une première fois pour que tu puisses recevoir agenda et cadenas, prendre ta photo d’étudiant. Tu es retourné seul pour te faire expliquer la logistique des cours.

Toutes ces étapes sont normales à l’arrivée à la polyvalente. Mais il y a un éléphant dans la pièce. Appelons-le COVID, pour les besoins de la cause.

Il y a tellement d’inédit dans ce que tu vis que tu ne vois pas tant l’ombre du virus. Nous, on saisit bien comment l’école a dû se réajuster, quelques jours avant la rentrée. Les membres du personnel qui suent et sourient derrière leurs masques avec leurs yeux en banane, se voulant rassurants, alors qu’ils sont sans doute aussi anxieux que vous. Pour l’équipe-école, ça doit être une série de défis de tous les instants, avec mille précautions de plus et pas mal d’incertitude. 

Parce que derrière les étudiants, de nombreux parents sont tout aussi angoissés, avec des attentes plus élevées qu’à l’habitude, vu les circonstances. J’ai tout fait pour ne pas te faire sentir que je vivais une fébrilité double: ton entrée au secondaire en temps de COVID.  Je suis presque plus stressée qu’à ton arrivée en maternelle ! 

J’ai pris la mesure de ce que vont représenter tes journées en lisant la marche à suivre qui t’a été remise. Confiné dans ta classe, sans casier pour le moment, avec tes effets personnels dans ton sac, circulant selon un trajet spécifique et de façon limitée. Voyons le bon côté des choses : la portion déplacement et gestion du matériel est réduite. Pour toi qui oublies ton matériel à l’occasion, c’est un sérieux avantage ! Si les récrés en classe risquent de te donner des fourmis dans les jambes, tu es plutôt enthousiaste à l’idée de faire des activités le midi avec ton groupe pour apprendre à les connaitre. Ça, ça me réjouit !

J’ai senti ta déception de voir la cafétéria accessible seulement en rotation. D’un autre côté, il n’y a pas tant de choix végés pour toi et quand tu y auras accès, je te promets que tu pourras tester les à-côtés et la célèbre galette à l’avoine.

Il va y avoir beaucoup d’étudiants, une forte circulation à laquelle on n’est plus habitués depuis le printemps… Je sais que ça te stresse de suivre la signalisation, que dans certains lieux publics, tu as peur de te tromper dans les flèches et les indications. Ce n’est pas grave, si ça arrive. Tu te reprendras. Si tu savais le nombre de gens qui font fi des flèches à l’épicerie, tu ne serais pas gêné !

Tu as la chance d’évoluer au volet alternatif : une belle grande famille tissée serrée, en quelque sorte « une école dans une école ». Tu connais déjà une grande partie des étudiants, que tu as hâte de retrouver. En tant de pandémie, c’est un double-privilège qui se veut rassurant pour toi… et pour nous.

Tu n’as pas accès au bus, puisqu’on nous a sollicités pour assurer ton transport. Tu as fait le trajet avec mamie pour voir combien de temps ça prenait, testé plusieurs chemins et raccourcis. J’ai fait le premier trajet avec toi, à défaut de t’accompagner dans l’école, comme tu y es habitué. Je te souhaite, comme j’en ai eu la chance, de te trouver des amis pour marcher. Je bénis ton sens de la contemplation et le fait que tu aimes te balader, même si c’est quand même une bonne distance.

Cette rentrée sera presque normale — mais pas banale. Avant de partir, tu as soigneusement choisi tes vêtements avec un masque assorti. Tu t’es prêté au jeu des photos que je prends chaque année sous le porche. Je t’ai accompagné. Ça m’a fait tout drôle de reprendre ce chemin-là. Tu m’as répété les étapes à faire à ton arrivée, comme un mantra.

Une file de voitures, une foule de piétons, des essaims de mobylettes. Puis le moment où tu dois entrer. Je t’ai regardé partir et j’ai évidemment versé quelques larmes, que j’ai laissé sécher sur le chemin du retour. Tu es parti sans te retourner, avalé par la masse.

Chaque année, ce moment me rend tellement émotive…

Ça va bien aller.

Même si j’ai peur que l’équipe-école oublie que parfois tu as besoin de plus de temps ou de plus d’écoute, avec la discipline autour de la gestion covidienne.

Même si je crains que tu ne communiques pas tes inquiétudes pour ne pas embêter les adultes, occupés à gérer les indisciplinés du masque.

J’ai surtout vu une école s’organiser, une petite vigie se préparer à ce que votre rentrée soit faite dans la bienveillance et la bonne humeur.

Je suis très fière de toi et j’ai déjà hâte que tu me racontes tes journées! 

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