Une histoire de logement

Je vous partage aujourd’hui une anecdote pour la fête nationale du déménagement…

Mes grands-parents paternels sont propriétaires de plusieurs plex dans le quartier Rosemont à Montréal. C’est ma grand-maman, aujourd’hui âgée de 81 ans, qui s’occupe de la gestion des propriétés, en prenant soin de déléguer les travaux manuels. Je pourrais dire que c’est une proprio de rêve, puisque j’ai habité dans un de ses logements avec mon amoureux pendant les trois ans de notre aventure montréalaise. Dans les appartements de mes grands-parents, les loyers sont bas, les chiens et chats sont bienvenus et les locataires sont diversifiés.

Le critère principal pour la sélection des locataires, pour ma grand-maman, est le « feeling ». Elle choisit des gens fiables et tranquilles, en se basant sur son instinct et de bonnes références. Après cela, peu importent l’origine ethnique, l’orientation sexuelle ou l’âge de celles et ceux à qui elle loue ses appartements. Ainsi débutent des relations humaines unies par un bail.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai habité dans un de ses appartements, un 4 et demi au nord du quartier Rosemont, près du parc Molson. Lorsque nous l’avons quitté pour la banlieue il y a deux ans, un couple d’amis y a emménagé. Cette année, c’était à leur tour de le quitter, laissant à la propriétaire la tâche de trouver de nouveaux locataires.

Ma grand-mère a fait visiter le logement à quatre candidats potentiels et elle a cliqué avec une jeune femme. Mère monoparentale, elle souhaitait quitter son petit 1 et demi pour une place plus grande pour sa fille de quatre ans et elle. Grand-maman a donc appelé son propriétaire actuel pour vérifier ses références, comme elle le fait toujours. La suite de son histoire m’a choquée.

L’ancien propriétaire a dit ceci: « J’étais sûr que vous n’alliez pas m’appeler. Comprenez-moi bien, madame est la meilleure locataire que vous pouvez espérer. Si vous lui offrez le logement, elle sera très contente. Vous voyez, les gens ne veulent pas lui louer un appartement, parce qu’elle est noire. »

En 2020, voici un exemple de racisme systémique au Québec. Voici pourquoi c’est important d’en parler et le dénoncer. Parce qu’aujourd’hui, en pleine crise du logement, il y a des gens qui ont encore plus de difficulté à trouver une demeure à cause de cette discrimination. En ce 1er juillet, des centaines de ménages se retrouvent sans foyer. Heureusement, la jeune femme dont je vous parle est en train de s’installer avec sa fille dans ce qui fut autrefois le nid de mon mari et moi.

Je réalise une fois de plus l’immense privilège que j’ai d’avoir un toit, un foyer sécuritaire pour ma famille et moi. Je suis reconnaissante aussi de ne jamais avoir eu à craindre de subir de la discrimination pour répondre à ce besoin fondamental qu’est le logement.

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut plus de « white saviors » comme dans cette histoire, juste plus d’équité dans l’attribution des logements, plus d’accessibilité à ceux-ci et aussi à la propriété pour les minorités visibles.

Je me sens bien impuissante dans cette situation. Si j’étais propriétaire de logements, j’aimerais faire preuve d’empathie comme ma grand-mère. En attendant, j’utilise mes mots pour témoigner d’une parcelle de l’histoire du 1er juillet 2020. Enfin, si vous déménagez aujourd’hui, je vous souhaite que cela se déroule bien, malgré les règles de distanciation! Reconnaissez votre chance quand vous vous coucherez ce soir dans votre chez-vous.

Un commentaire sur “Une histoire de logement

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  1. Lorsque ma fille et son petit ami, un Français d’origine, cherchait un logement à Montréal, c’est toujours ma fille ,une Québécoise « pure laine », qui faisait les appels. Lorsque les gens entendaient l’accent de son petit ami, l’appartement était déjà loué ou toutes les raisons étaient bonnes pour ne pas lui accorder une visite. Lorsque ma fille appelait, aucun problème! Il faut arrêter de penser que les Québécois ne sont pas racistes! Certes beaucoup de Québécois ne le sont pas, un chance! Regardez juste comment les gens réagissent peu aux changements que notre gouvernement veut apporter au Programme Expérience Québec
    (PEQ). Des milliers de finissants étrangers qui ont fait leurs études ici, qui se sont intégrés à notre société, qui ont une vie, un conjoint, un travail ici seront possiblement mis à la porte! Est-ce que c’est vraiment ce que l’on veut comme société!

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