Le néant après 21 ans pour nos enfants vivant en situation de handicap.

La fin d’année approche à grands pas et ce ne sont pas que des larmes de joie qui couleront sur nos joues le 22 juin prochain. Pour certains parents, c’est l’angoisse qui sera au rendez-vous face à la fin de la scolarisation de leur enfant. Eh oui, nos écoles spécialisées offrent des services éducatifs jusqu’à ce que l’élève atteigne l’âge de 21 ans. C’est déjà bon vous me direz mais sachant ce qui les attend par la suite est bien fâchant.

Déjà que le deuil de l’enfant « typique », de la retraite « normale » et du parcours linéaire est un long processus à faire, il est encore plus confrontant une fois arrivé devant les faits. L’enfant qui s’est adapté à une routine scolaire se retrouve, du jour au lendemain, dépourvu de tous ses repères. Que se passe-t-il après 21 ans? Aux États-Unis on y célèbre la majorité alors que pour ces jeunes atteints de handicaps physiques et/ou intellectuels l’âge crucial de 21 ans signifie parfois la fin d’une vie inclusive et active au sein de leur communauté. Hélas, bien peu de ressources sont disponibles pour combler ce vide soudain. Je parle ici de centres de jour, de programmes de stimulation, d’activités de socialisation et même de répit.

Crédit: Unsplash/joshappel

Alors que la population vivant en situation de handicap est exponentielle, je peux compter sur mes doigts le nombre d’endroits qui peuvent leur proposer des services post-secondaire que ce soit pour une clientèle en déficience légère comme pour la déficience profonde. Y’a rien pantoute. On se retrouve à les intégrer dans des groupes hétérogènes avec des ratios peu sécuritaires. Ce sont presque tous des OBNL qui survivent avec les moyens du bar en grattant les fonds de tiroirs et en priant les gouvernements pour une couple de piastres supplémentaires.

Je trouve absolument déplorable la façon dont nous traitons les familles, les intervenant.es et surtout les personnes en difficulté. Je frissonne quand je les vois, les bonhommes à cravates, se donner des bonus à tout bout de champ alors que nos systèmes de santé et d’éducation sont présentement en grande crise. Nous sommes fatigué.es et vidé.es de nous battre pour ce qui devrait être le criss de gros bon sens.

Quelles sont les solutions? Faire la grève, du piquetage, des macarons ou des pantalons cargos? Bin non, ce ne serait pas dans NOS valeurs. À la veille des élections, il serait grand temps que quelqu’un.e allume parmi ceux qui nous gouvernent et réalise qu’il y a de graves problèmes s’ils se donnaient la peine de venir nous faire un p’tit coucou dans nos milieux. Ce n’est pas normal que des citoyen.nes ne peuvent travailler car leur enfant n’a nulle part où aller. Ce n’est pas normal qu’on abandonne des personnes déjà à risque ainsi que leurs familles qui ont déjà traversé bon nombre de tempêtes. Elles méritent un peu de soleil non?

Nous avons beau préparer les plans de transition, se consulter et tout faire pour eux, n’empêche que nos jobs sont annuellement à risque. Comment pouvons-nous en donner plus alors que nous sommes également en situation précaire? Je ne sais plus, je ne sais pas mais je me dis qu’il y a une couple de personnes qui me perçoivent assez d’impôts pour faire de quoi!

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