J'accompagne une personne, non un diagnostic

Crédit: Pixabay

Je me fais souvent demander si les diagnostics sont plus nombreux qu’il y a vingt ans. J’entends régulièrement des personnes parler « d’épidémies » de TDA/H ou de TSA, comme si ces deux troubles assez complexes pouvaient s’attraper en toussant ou en s’échangeant une poignée de main sans Purell. Ces gens ont intérêt à s’informer davantage sur le sujet et à enrichir leur vocabulaire afin d’en faire un meilleur usage.

Certes, je constate un assez grand nombre d’élèves atteints d’un TDA/H dans chacune de mes classes. Certains d’entre eux parviennent à utiliser des moyens pour compenser et d’autres ont besoin d’un p’tit coup de pouce pharmacologique , ce qui est bien correct aussi. Bien que je ne sois pas chercheuse dans le domaine, je ne peux me prononcer sur la croissance ou non de ces troubles mais je pense que les outils pour les diagnostiquer sont maintenant beaucoup plus précis, ce qui permettrait de donner l’heure juste plus rapidement à ceux qui s’inquiètent.

D’autres croient qu’une nouvelle génération fait son entrée avec des particularités qui lui est propre. Toutes ces hypothèses sont plausibles et je ne suis pas ici pour vous donner l’ultime vérité car je ne l’ai pas. Cependant, pendant ce temps de questionnement sur l’arrivée de l’oeuf ou la poule, des enfants sont en grandes souffrances dans nos écoles. Je ne sais pas pour vous mais à chaque année, j’ai des ajouts d’heures à mon horaire pour accompagner des enfants qui n’ont pas de diagnostics ou qui en ont un qui ne génère pas de $$$. En bout de ligne, ces derniers ne devraient pas avoir un si grand impact sur notre accompagnement. Je base généralement mes interventions en fonction des symptômes et non du diagnostic. Oui, les grandes lignes se ressemblent mais chaque jeune est unique avec ses forces et ses faiblesses qui lui appartiennent.

Quand un jeune TDAH sans « cote » fait des crises quotidiennement ne peut recevoir autant de notre soutien qu’un jeune dysphasique qui fonctionne très bien, il est là le problème. Comment, en tant que professionnelle, puis-je me séparer en dix pour parvenir à répondre à tous ces besoins criants, diagnostiqués ou non? Je ne peux parler de priorité, car toutes ces situations sont urgentes. En temps que parent, je voudrais que mon enfant soit le mieux accompagné peu importe son trouble qu’il soit atteint d’un TSA, d’un trouble du langage, d’une trouble de l’attachement ou tout simplement qu’il vive des grandes difficultés familiales qui le rendent indisponible à l’apprentissage en classe.

Alors quand on me parle de troubles, de cotes, de budgets ou de fardeaux; je leur parle d’enfants, d’élèves, de personnes, de besoins et d’amour.

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